Que nous dit le troisième article de la Déclaration des Droits de l’Homme ? « Tout individu a droit à la vie […] »
Quelle déclaration évidente ! On se demande parfois s’il était nécessaire de l’écrire.
Dans le cas de Guler Zere, cette évidence disparait… Après avoir empêché la liberté de celle-ci, les autorités turques lui retirent maintenant le droit de vivre.
Agée de 37 ans, Guler Zere, d’origine kurde, était un membre du Parti front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C). Arrêtée par l’armée turque en 1995, lors d’une opération de ratissage, elle fut condamnée à perpétuité par la cour de sureté de l’Etat à Malatya.
Après quatorze ans d’incarcération dans la prison d’Elbistan, elle apprend qu’une tumeur cancéreuse se propage dans sa bouche et sa tête. Si les soins médicaux nécessaires ne lui sont pas amenés, elle risque de mourir.
Face à cela, les autorités turques restent cependant indifférentes. Elles abandonnent cette prisonnière à la mort. Autrement dit, elles commettent un crime.
Que Zere soit une prisonnière, une terroriste, un coupable aux yeux de l’Etat turc, cela importe peu. Elle est, avant tout, un humain et sauver sa vie est le devoir humanitaire de l’Etat turc.
Il faut que Zere soit libéré pour avoir accès aux matériaux médicaux indispensables pour son traitement. Bien qu’elle ait peu de chance de vie, c’est honteux de la part de la Turquie, de ne faire aucun effort afin de la guérir.
Comment les autorités turques peuvent-elles être si cruelles ? Ces autorités qui ont tenté libérer, en 2006, Mehmet Ali Agca, incarcéré pour avoir tenté un attentat contre la Pape Jean-Paul II en 1981. Ces mêmes autorités qui ont libéré Necmettin Erbakan, ancien premier ministre turc condamné à plus de 11 mois pour avoir dépensé une grande somme d’argent du trésor public dans l’intérêt de son parti. Cet homme politique fut pardonné par le président turc parce qu’il était atteint d’une maladie chronique.
Alors, pourquoi ne pas libérer Guler Zere ? Pourquoi ne pas la pardonner ?
Encourageons la campagne et les actions menées par l’Association des familles de prisonniers (TAYAD). Ne restons pas silencieux face à ce crime.
Eylem Aydemir
27/09/2009 - 15:02