Enfin les vacances. Cela fait dix mois que je les attends. Dix mois c’est long, surtout quand on sait que l’on ira en vacances au bout de ceux-ci. Mais le jour arrive, les examens sont terminés, on sent que ce jour approche. C’est alors que commence la panique : il faut s’acheter des nouveaux vêtements, des cadeaux pour la famille en Turquie, faire entretenir la voiture si l’on n’y va avec, préparer les valises,… Le moment le plus contracté est lorsque l’on place les bagages dans la voiture soit pour aller à l’aéroport, soit pour se mettre en route vers la Turquie car généralement les voyageurs n’ont pas pu dormir la nuit à cause du stress, alors chacun devient agaçant.
Le trajet aérien de la Belgique en Turquie est bien sûr beaucoup moins pénible que le terrestre car on parvient en Turquie en quelques heures au lieu de conduire au moins deux jours. Il existe deux chemins différents pour se diriger vers la Turquie en voiture : le premier traverse le sud de l’Allemagne et l’Autriche, passe par la Slovénie, la Croatie, la Serbie et Monténégro, longe la Bulgarie et aborde la Turquie. Le deuxième chemin coupe la France (éventuellement en passant par la Suisse) jusqu’en Italie qu’il franchit d’un bout à l’autre, traverse la mer adriatique en bateau et longe le nord de la Grèce pour parvenir en Turquie.
Ce dernier trajet dure plus longtemps que le premier mais ses routes sont plus propres et mieux ordonnées car chaque pays est membre de l’union européenne et donc la monnaie utilisée est l’euro. En plus, la traversée de l’Italie vers la Grèce est une autre plaisance car le bateau de luxe est bondé de Turcs, ce qui nous permet de parler avec des gens et de ne pas se sentir à l’étranger. Il y a aussi de bateau qui naviguent la nuit pour que les conducteurs et les voyageurs puissent dormir jusqu’au matin, prendre une douche et se reposer afin de se remettre en route le lendemain.
Dans chacun des deux trajets, je me sens très heureuse et trop à l’aise malgré la longueur de l’espace à parcourir. Je ne sais pas si les conducteurs sont du même avis que moi car je dois peut-être ma joie au fait que je suis assise à l’arrière banc mais juste la pensée de se rapprocher de mon pays natal me réjouit. Au fur et à mesure du parcours, on voit divers paysages : des paysages bocagers pareil à l’ Allemagne, des paysages montagneux forestiers comme en Autriche, des paysages campagnards pauvres tel que la Bulgarie, des cultures en terrasses, des openfields,… Je remarque que plus on s’éloigne de la Belgique, plus la température augmente. Alors cela me réjouit encore plus.
Une chose désagréable durant tout le trajet est le temps perdu dans les files des douanes qui sont composées uniquement des voyageurs turcs. Je conseille aux conducteurs qui roulent vers la Turquie en passant par la Bulgarie de préparer un tas de billets de cinq euros car les douaniers bulgares en demandent souvent sous prétexte que c’est une coutume de demander cinq euros aux « voisins ».
Une fois arrivé en Turquie, on ne prête plus aucune attention à tout ce qui s’est passé durant le trajet. On y garde toujours de bons souvenirs. On sent que l’on y est, ce pays nous attire vers lui. Là-bas tout nous parait familiers : les personnes, les paysages, les maisons, l’odeur,… c’est peut-être parce qu’on y va quasiment chaque été ou parce qu’on y a des souvenirs bons ou mauvais mais une chose est certaine : personne ne pourra nous empêcher d’aimer ce pays.
Eylem Aydemir
27/06/2006 - 19:01